Finance verte : les Green Bonds ont le vent en poupe

Par See You Sun - Le
Finance verte : les Green Bonds ont le vent en poupe

Pour financer le très fort développement à venir des ENR, le secteur financier a mis au point les Green Bonds, entièrement dirigées vers la transition écologique. Introduits pour la première fois en 2007, cet investissement responsable a depuis connu un développement conséquent et représente un marché de 166 milliards, à fin 2016, dont 90 milliards émis sur la dernière année. 

Quel est le principe des Green Bonds ?

Les Green Bonds sont des obligations, avec une maturité plus ou moins longue, entièrement destinées au financement de projets avec un impact environnemental positif.

  • Intérêt pour l’émetteur

A ce jour, les émetteurs de green bonds sont des institutions financières internationales (BEI, Banque Mondiale), des industriels (EDF, Engie, Google, Apple), des collectivités ou des Etats, dont la France très récemment.

Au-delà de la simple collecte d’argent visant à financer les très nombreux projets environnementaux à venir, l’émetteur d’une green bond communique autour de son engagement positif. Loin du « Green Washing », l’émetteur doit certifier à l’investisseur l’impact de son placement par des reportings réguliers. La communication positive de l’investisseur autour de son engagement sera portée au crédit de l’émetteur. 

  • Intérêt pour l’investisseur

La taille importante des tickets d’entrée des Green Bonds explique que les investisseurs soient à ce jour des investisseurs institutionnels. Ces derniers tendent aujourd’hui fortement vers une approche responsable de leurs investissements, notamment via le respect de critères ESG.

Par ailleurs, si l’effort de mise en place d’une Green Bond justifie un prix légèrement plus élevé que celui d’une obligation classique, le rendement d’un investissement responsable est parfaitement cohérent avec les exigences des investisseurs. De plus, le fort engouement mondial autour de la transition énergétique, notamment depuis la COP21, devrait amener de la liquidité sur ce marché obligataire spécifique.

Quelques exemples de Green Bonds  

  • La réussite de l’Etat français

La récente émission de la première Green Bond de l’Etat français a été un réel succès. Cette émission de 7 milliards d’euros a en effet été sursouscrite 3.3x. Cet engouement des investisseurs a permis de fixer un rendement à l’investissement responsable supérieur à celui d’une obligation d’Etat classique, à 1.25% pour la souche à échéance Mai 2036. Avec une maturité de 22 ans, cette obligation va permettre de financer les nombreux projets verts identifiés par le gouvernement (13 milliards d’euros identifiés).    

  • Les engagements d’Apple et de Toyota

En Février 2016, Apple a émis une Green Bond d’1.5 milliards de dollars avec une maturité de 7 années et un coupon semi-annuel de 2.85%. Les fonds collectés via cette obligation serviront à réduire l’impact environnemental des activités du groupe à travers une meilleure gestion des déchets, la construction de bâtiments haute qualité environnementale ou des investissements ENR.

Toyota avait quant à lui réussi à lever 1.6 milliards de dollars via une Green Bond dès 2014. Cet emprunt était destiné à accorder des crédits avantageux aux acheteurs de véhicule électrique et hybride souhaitant anticiper la révolution à venir.  

Plus qu’un simple effet de mode, la finance verte semble être une tendance de fond, notamment au regard du renom des sociétés s’engageant dans ce mode de financement. A l’image des évolutions du crowdfunding ENR ou de l’investissement direct dans des projets d’énergie sur site, il y a fort à parier que ces modes de financement continueront à fortement se démocratiser.